En Israël, le premier ministre Benyamin Nétanyahou face à son destin judiciaire et politique

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Le premier ministre israélien, Benyamin Nétanyahou, assis avant la reprise de l’audience de son procès pour corruption, le 5 avril à Jérusalem.

Lundi 5 avril, tout le pays avait les yeux rivés sur Jérusalem. A la télévision, les écrans étaient scindés en deux, pour diffuser, en direct, les images du grand spectacle politique.

D’un côté, le tribunal, à Jérusalem-Est occupée, théâtre dans lequel devrait se jouer ces prochains mois, voire ces prochaines années, l’avenir judiciaire du premier ministre Benyamin Nétanyahou. Hier, dans ce bâtiment terne devant lequel ses soutiens et opposants s’époumonaient, ont débuté les auditions des témoins dans son procès pour corruption, fraude et abus de confiance.

De l’autre, Beit HaNassi, la maison de la présidence, à Jérusalem-Ouest, où devrait se dessiner, dans les prochaines semaines, l’avenir politique du plus pérenne des premiers ministres israéliens – plus de quinze ans à la tête d’un gouvernement. Le président Réouven Rivlin y tenait des consultations avec les différents représentants des partis élus lors des législatives du 23 mars, avant de confier à l’un d’entre eux le soin de former une majorité.

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Au tribunal, la procureure Liat Ben-Ari a rapidement planté le décor en début d’audience : « L’affaire portée devant votre honorable cour aujourd’hui est une importante et grave affaire de corruption. » La magistrate, qui a été placée sous protection après avoir été la cible de menaces, accuse M. Nétanyahou d’avoir « utilisé les pouvoirs conférés par ses fonctions pour faire avancer ses propres intérêts personnels ».

L’intéressé écoute, les bras croisés, et s’éclipse juste après son intervention ; il réapparaît, quelques heures plus tard, pour assurer sa défense, mais à la télévision cette fois-ci. Seul en scène, il s’adresse en réalité à sa base, totalement acquise et qui se régale de ses attaques contre l’institution judiciaire. « Voici à quoi ressemble l’usage illégitime du pouvoir, a-t-il martelé, dans une rengaine devenue familière depuis l’annonce de sa mise en examen en novembre 2019, Voici comment renverser un premier ministre de droite fort. Voici à quoi ressemble une tentative de coup d’Etat. »

Trois affaires

Ces prochaines semaines, le procès Nétanyahou, maintes fois retardé pour cause de coronavirus et afin de ne pas perturber les législatives du 23 mars, va s’intensifier. A raison de trois audiences par semaine auxquelles le premier ministre n’est pas tenu d’assister, les juges vont écouter les témoignages de centaines de témoins dans trois affaires : le dossier 1000, qui concerne des cadeaux dont M. Nétanyahou et sa famille auraient bénéficié de la part de deux milliardaires en échange de faveurs ; le dossier 2000 dans lequel les juges s’intéressent à une tentative d’entente entre le propriétaire du quotidien Yediot Aharonot et le premier ministre sur une couverture plus favorable en échange de l’affaiblissement d’un concurrent gratuit ; et le dossier 4000, au cœur de l’audience de lundi.

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