Des touristes israéliens de plus en plus séduits par le Sinaï

0
162

[ad_1]

Federica Valabrega pour M Le magazine du Monde

Par

Pour les habitants de l’Etat hébreu, la péninsule égyptienne est une des rares destinations étrangères accessibles en voiture. Malgré la menace terroriste, qui a fait six morts en juillet, et les mises en garde des autorités, ils sont de plus en plus nombreux à y passer leurs vacances.

Le minibus roule vers le sud. A la sortie de Taba en Egypte, il a dédaigné les quelques hôtels luxueux afin de poursuivre son chemin sur une route aride, bordée par les montagnes brunes du Sinaï d’un côté et par la mer Rouge de l’autre. Des panneaux de signalisation indiquent le passage régulier de dromadaires. Les seuls véhicules croisés sont ceux des forces de l’ordre égyptiennes qui patrouillent dans les deux sens et font parfois halte aux postes de sécurité, placés tous les kilomètres.

« C’est à cause de Daech », indique succinctement Abou Kareem, le chauffeur. Après un virage serré, les premières paillotes apparaissent enfin, alignées au bord de l’eau turquoise. Abou Kareem s’engage sur une piste de sable. A l’arrivée, le responsable des lieux, un jeune Bédouin habillé d’un sarouel, ses longs cheveux ramenés en arrière, lance un shalom de bienvenue.

Plages paradisiaques

Après dix ans d’interruption, entre 2004 et 2014, à cause d’une vague d’attentats, et malgré la présence persistante de groupes terroristes actifs dans le nord et le centre du Sinaï égyptien, les touristes israéliens sont de plus en plus nombreux à séjourner dans sa partie méridionale. Pendant les congés de Pessah (la Pâques juive) cette année, entre le 19 et le 27 avril, ils furent plus de 40 000 à franchir le poste-frontière égyptien de Taba pour rejoindre les plages paradisiaques du sud, selon l’Autorité israélienne des aéroports, responsable des postes frontaliers : soit une hausse de 35 % par rapport à 2018.

La fréquentation connaît un nouveau pic pendant l’été, malgré la chaleur suffocante. Il y a plusieurs décennies, seuls les baroudeurs y descendaient pour en arpenter les montagnes et camper sur le rivage à la belle étoile. Aujourd’hui, les familles et les jeunes sont aussi de la partie, attirés par la beauté des lieux et les tarifs dérisoires, le tout à quelques heures de route d’Israël.

Des touristes israéliens à Ras Hasatan, en avril 2019.
Des touristes israéliens à Ras Hasatan, en avril 2019. Federica Valabrega pour M Le magazine du Monde

Allongé sous une toile de tente dans le campement Oasis Sinai, Tamir Grodek se souvient du rivage tel qu’il l’a découvert en 1973. Il avait 16 ans. « La plage était vide, il y avait seulement quelques huttes rudimentaires et pas d’électricité. Le soir, on faisait du feu pour s’éclairer et se réchauffer », raconte ce professeur de géographie à la retraite venu cette fois avec sa famille. Il y est ensuite retourné en 1975, pour son service militaire. « Le sud du Sinaï est devenu un stalbet dans les années 1980 », ajoute-t-il, c’est-à-dire un repaire de babas cool et d’aventuriers.

[ad_2]

Source link

Have something to say? Leave a comment: